On est tous Charlie!

Ce matin, réveil douloureux. Les yeux encore collés aux paupières, d’avoir trop pleuré ou pas assez, d’avoir eu un sommeil agité plein de terreur et d’angoisse, on se rappelle, comme au lendemain d’une catastrophe qui nous a effleuré, on a encore le goût de cendre dans la bouche. La boule au fond de la gorge est encore là. Elle semble avoir enflée. On réalise que ça s’est bel et bien passé. Les mots manquent quand on doit en parler. On a ajouté un Je suis charlie sur Facebook et partout, mais quand il vient le temps d’en parler avec sa voix, tout d’un coup, on tremble, on renifle, on ne s’en sent pas la force. Parce qu’on n’a pas le talent qu’ils avaient ni la moitié de leur courage, mais leur souvenir, leur dessin, leur bouille à jamais gravé dans notre esprit, et ce cri, NON, VOUS N’AVEZ PAS TUE CHARLIE, VOUS N’AUREZ JAMAIS GAGNE, LA LIBERTE D’EXPRESSION VIVRA ÉTERNELLEMENT reste bloqué au fond de notre gorge. Oui il y a de la tristesse en chacun de nous ce matin, quand on réalise qu’ils ne sont plus là, et que c’est un peu comme si ceux qui nous avaient quitté avant, Professeur Choron, François Cavanna, mourraient un peu à nouveau. Alors on réalise que c’est nous, la relève, c’est à nous de nous dresser contre la barbarie et la violence. Parce que le rire continuera, et qu’il sera toujours plus fort que la connerie.

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Une couverture pour mon roman

Il m’était impossible de laisser ce soin à quelqu’un d’autre, concevoir la couverture de mon roman devait me revenir. Cette tâche là que je remplie avec joie et bonheur, et non sans au préalable une longue réflexion. D’abord je tâtonne, je pense à mettre une photo, j’en ai beaucoup fait, de très jolies, depuis que j’ai mon 7D, mais décidément, non, ça ne fonctionne pas, on dirait autre chose qu’un livre fantastique. Alors je triture sur photoshop, je pars d’une photo d’une starlette des années 30, et je bidouille à mon habitude. Ainsi la dizaine d’année passée à faire des designs pour des sites et forums me sert à quelque chose. Au bout d’une demi journée, voilà que ça sort, des ténèbres, du flux de mes pensées, des bidouillages perpétuels sur photoshop. Il ne m’est pas difficile de retranscrire l’univers de mon roman, c’est un univers que je connais bien, et puis surtout, qui colle à mon esthétique, sombre, gothique. Alors voilà, le premier jet, la première version. Je souris à chaque like sur facebook, je partage, je réclame des avis, le votre aussi, je me demande si j’ai bien choisi le titre, on me met des commentaires, je note tout, je suis contente, ça prend forme, de plus en plus.

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EXTRAIT – La voie des ténèbres.

10689802_688794357865031_3782866287586979397_nDu 1er novembre au 1er décembre, je participe à l’opération les auteurs de SFFFH francophones ont du talent!

Je sais pas si j’en ai, du talent, mais je suis en train d’écrire, pour le Nanowrimo, un roman de SFFFH, le mien étant plus fantastique/horreur que science fiction pour être totalement franche.

L’idée donc de cette opération est que chaque participant mette un extrait de son texte, qu’il soit publié ou encore à l’état de projet, en cours de rédaction. L’extrait que j’ai choisi est au début du roman, en fait, c’est le tout début! N’hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires!

Ps; le titre est pas encore déterminé, n’hésitez pas à me donner votre avis également là dessus!

Extrait de La Voie des ténèbres

Une corde se tend, et le son caractéristique du chanvre constituant les nerfs mêmes de la corde se frottant les uns contre les autres résonna dans l’antique demeure souillée par la présence d’un êtres profane. Le corps suspendu tourne dans un sens. La corde se tend un peu plus, gémit, sous le poids qui lui est imposé. Une oeuvre d’art. Un corps ligoté jusqu’à l’extrême, et cette corde entourant le corps, lui offrant une tenue des plus offensante et pourtant des plus délicate, exigeant la pratique d’un art redevenu à la mode, mais dont l’essence s’est perdue quelque part en route entre l’occident et l’orient. Un chef d’oeuvre destiné au silence.
Somptueux présent d’un immortel à un autre. D’un meurtrier à un autre. Le temps tue infiniment plus au fond. Qu’est-ce que cela importe. L’envie d’enflammer le tout. Renverser l’un des nombreux chandeliers, attendre qu’une bougie tombe, qu’une étincelle éclate. Une bombe à retardement ou un dîner qui n’attendait plus que l’invité. L’hôte demeure immobile.
Le maître des lieux ne peut pas ouvrir la porte à la créature infâme, il ne peut lui souhaiter la bienvenue, peut-être ne l’aurait-il fait de toute façon. Il ne peut plus. Sa langue est clouée à côté de lui, contre la même porte, ouverte, laissant les ténèbres embrasser la moitié du corps qui est cloué tel un christ nouveau né.
L’infamie aime la notion de religion qu’il mêle à tout cela. Un spectacle digne de ce nom mérite une représentation à la hauteur de l’invité. L’ignoble créature ignore l’identité de son convive, mais cela a-t-il la moindre importance? Alessandro aurait trouvé cela hilarant. Ou peut-être affligeant. J’ai juste un peu de retard, frérot. La réunion de famille a été manquée de peu. Le double ne viendra pas. L’invité n’en est pas un, c’est un squateur qui s’impose.
Un filet de sang coule le long de la bouche ouverte. Quelques gouttes encore se trouvent dans les veines du supplicié encore en vie. Il ne peut pas pleurer ni gémir ni hurler. C’est peut-être mieux ainsi. L’infâme préfère une oeuvre silencieuse.
L’hôte crucifié est nu. Il en fallait ainsi. Un pagne aurait été plus indiqué afin d’affirmer complètement la référence, mais y en avait-il besoin? Cela aurait presque été grossier. Renier les anciens rites païens est impie.
La corde se détend, et le corps enchevêtré dedans tourne d’un quart. Rupture du silence. Début de la mélodie. Il passe doucement sa langue sur ses lèvres fines. Le repas n’a pas encore débuté. Il a faim. Après toute cette besogne, toute cette concentration tendue vers une seule fin, l’art de la table.
D’abord il a fallu pénétré les lieux sans que les habitants n’aient le temps de sortir ou pire de prévenir qui que ce soit. Cela aurait tout gâché. Rien ne devait perturber le plan. Ensuite les réduire au silence. De jolies petites balles rouges munies d’une attache en cuir noir brillant, des accessoires BDSM très utiles, et parfaitement adapté à la situation. Le regard qu’ils ont eu alors.
Toute la petite famille réduite au silence, terrorisée, si inquiète à l’idée de ce qu’il allait se dérouler. Le répugnant a pensé qu’il serait plus juste de leur expliquer, lentement, mais de manière à ce qu’ils en saisissent chaque détail. Après tout, ils étaient les mets de ce repas. Infinie trésor.
Cet intérieur boisé aux couleurs sombres donnait l’impression d’avoir au creux de ses mains un écrin. Le chant de la ville, les sirènes et les klaxonnes, ne parvenait à franchir l’épaisseur des murs anciens. Vitres closes, volets en bois verrouillés, lourds rideaux en velours tendus, c’était un voile pudique posé sur l’œuvre composée avec soin.
La pièce maîtresse de l’entreprise reposait sur la table, ses boucles blondes réunies autour d’elle. L’artiste lui avait donné quelques doses de diverses seringues afin de la maintenir en vie, ainsi qu’une poche contenant un liquide presque incolore branché directement sur ses veines. Elle aussi était nue. Elle était aussi ouverte. Ses organes palpitants brillaient sous la lumières des bougies.
Le met succulent.
Elle pleurait doucement quand il cloua son père. Elle n’avait plus de larme à la fin pour elle. Il se demanda si elle était consciente de quelque chose. Peut-être. Savait-elle qui était le convive?

Détournant le regard, quittant sa position de chien de garde, l’infecte s’avançant vers l’invité. Il n’aurait pu souhaiter de meilleure invitée en somme. Rien qu’au regard qu’elle lui lançait, il pouvait deviner qu’elle apprécierait l’effort. S’avança pour prendre sa veste, tel un majordome ou un gentleman, – après tout, il avait vécu tant d’époques, tant de manières de faire, d’accueillir, et il pouvait en déduire quelque chose, c’est que les gens du XXIe siècle ne savaient plus faire des réceptions comme avant – il frôla la table d’ébène, caressa du regard son œuvre grandiose, et pêcha même, l’orgueil envahissait son être.
C’était un diner comme on n’en fait plus aujourd’hui.
Même les immortels ont perdus le goût pour ce genre de mondanité. Parfois il regrettait les bons vieux massacres d’avant, exécuté dans les règles de l’art, toujours durant des périodes troubles, parfois ils provoquaient ces dites périodes. Il se rappelait de cet impétueux jeune vampire qui avait déclenché une guerre rien que pour un repas digne de ce nom.
Une fois qu’elle fut débarrassé de son manteau, il lui désigna la salle à manger.
« Bienvenue dans l’antichambre de l’enfer. murmura-t-il avec un sourire à la lueur diabolique.
A l’intérieur, l’attendait un spectacle inoubliable. Le père crucifié, l’enfant à la poitrine ouverte, la mère suspendue, ligotée, tous les trois nus, et puis, les autres invités ou mets, peu importe, au nombre de 13, réunit autour de la table, certains avaient la nuque brisée, d’autres simplement les os de leurs membres et de leur mâchoire afin qu’ils ne fassent aucun bruit, aucun gestes, mais pour la plupart encore vivants, palpitants.
Le son entrainant de leur coeur était le seul à résonner en ces lieux. Tous semblaient accueillir l’invitée mystérieuse, la supplier de faire honneur au repas, et à celui qui avait orchestré tout cela.
Ses talons aiguilles claquèrent sur le sol, comme le rythme des tambours dans les tribus, c’était annonciateur de quelque chose de terrible, d’ancien et de sacré. Le tissu noir qui enrobait son corps forcément divin frôlait chaque chose sur son passage comme une caresse. Ca ondulait, comme une mer noire, dévorante, infernale, inquiétante.
L’ange de la mort attendait la sentence. Un mince sourire soulevait ses lippes. L’ange a l’air d’un marmot, sous la lumière des bougies disposées comme pour une messe, forcément satanique, il y a quelque chose d’innocent dans ses traits, d’enjôleur dans ses pupilles céruléennes qui fixent la convive avec intensité.
Pas un mot ne franchit ses lèvres. L’auguste ne révèle pas si rapidement son jeu. A dessin, elle navigue, simule, effleure, elle survole le sujet. Donner le sentiment qu’on n’en a pas assez fait, pas suffisamment, c’est un jeu, auquel elle est passée maître, une obligation aussi, une réputation à tenir vous dirait-elle avec un froncement de sourcil lui donnant l’air d’être fâchée.
Figure de l’autorité, elle ne peut sourire sans qu’on pense immédiatement, avec soulagement, n’avoir attiré leur courroux, eux, ceux qui décident qui va vivre et qui va mourir. Quand elle gronde c’est la dynastie qui gronde avec elle. Ses lèvres fines closes signifient bien plus que tout long discourt. La fille de l’enfer examine la proposition, trop délicieuse pour ne pas révéler quelque chose, pour ne pas être le distillateur d’un cataclysme.

Expérience n°1 le nanowrimo

Participant-2014-Web-BannerMe voilà embarquée, depuis que j’ai signé pour dès le premier novembre dans cette grande et vaste aventure du Nanowrimo. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’un espèce de challenge où on doit écrire le plus de mot possibles en un mois, il y  a un chiffre à atteindre, minimal, de 40.000 mots, et un but plus largement, celui d’achever un roman. Dans ce challenge la qualité ne compte pas forcément, mais plutôt la quantité. Ecrire, écrire, écrire, sans s’arrêter, le moins possible, écrire tous les jours, voilà le but de la manoeuvre. Et très honnêtement, pour tous ceux qui ont essayer d’écrire un jour un bouquin ou même une simple nouvelle, vous savez qu’écrire tous les jours est un véritable défi, qu’il y a toujours une tonne de choses à faire, bien souvent avant, car on tend à considéré que les trucs pratiques comme le ménage sont plus important, ils ne le sont pas, ils ne sont pas moins important non plus, mais surtout on procrastine énormément, on regarde la télé au lieu d’écrire, on va sur facebook, sur youtube, on lit des trucs rigolo ou on en mate d’autre, au lieu d’écrire!

Alors oui, souscrire à un tel challenge ça aide vraiment! Parce que ça te force, pendant un mois, à chaque jour écrire, un peu au moins! Même quelques mots suffisent, mais forcément quand on inscrit son nombre de mot, chaque jour, après chaque session d’écriture, on a envie d’écrire plus, on a envie de dépasser ce chiffre, d’en faire plus, parce qu’on sait qu’on en est capable, et que demain peut-être qu’on n’aura pas le temps. Tout l’enjeu en fait c’est de remplacer le « je le ferais demain » par « je le fais maintenant, parce que je sais pas si demain j’en aurais le temps », de choisir de procrastiner après avoir produit le nombre de mot souhaité, après avoir terminé son chapitre, après avoir finit l’arc qu’on souhaitait écrire! Chaque minute ainsi gagnée fournit une centaine de mot, chaque heure glanée vous file une page word parfois deux quand on est efficace et qu’on sait où on veut aller.

Parce que oui, avoir fait son plan avant, savoir quels sont les personnages principaux du roman, savoir ce qu’on veut raconter et comment on va le faire est également important, si ce n’est plus! Sans plan, on peut avancer, naturellement, mais on avance à l’aveuglette, et il est plus difficile de s’y coller. En fait c’est simple, sans plan vous tendez à être bordélique, or c’est justement le fait d’être bordélique qui vous empêche d’avancer, et quand je dis ça, je parle aussi à moi-même. Car j’ai aussi un autre roman en cours, 46 pages écrites au petit bonheur le jour, sans plan ni rien, et vous savez quoi? J’ai entamé un projet tout neuf avec un plan, et des fiches de personnage pour le nanowrimo, je partais néanmoins d’un vieux premier jet abandonné il y a longtemps, et j’ai écrit, 5 jours plus tard, 42 pages word! En bien moins de temps, et plus efficace, juste parce que je sais où je vais…